Bocuse dort

Paul Bocuse nous a quitté. Le Primat des Gueules, le Pape de la Gastronomie, le Cuisinier du Siècle, était le chef le plus connu dans le monde.

Bocuse dort

Bocuse dort.

Paul Bocuse nous a quitté. Le Primat des Gueules, le Pape de la Gastronomie, le Cuisinier du Siècle, était le chef le plus connu dans le monde. Précurseur, c’est lui qui fit sortit les chefs de l’anonymat des cuisines en les propulsant sur la scène médiatique.

Tout au long de sa vie, Paul Bocuse a su rester proche des gens, jamais aveuglé par sa notoriété. Que de moments partagés et de souvenirs si agréables. Comme le jour, où, à Melbourne, nous entrons dans un fast- food renommé. Il y demande le chef, on lui répond :  » il n’est pas là » et Monsieur Paul de rétorquer  » Vous voyez, c’est comme chez moi ». Jamais avare d’un bon mot, d’une réplique digne des Tontons Flingueurs. C’était un bonheur de voyager avec lui car aux quatre coins de la planète, il avait de vrais amis. Dans la grande famille de la cuisine, mais pas que…

Paul Bocuse était un passionné toujours prompt à partager avec les autres. Lorsque je lui demandait d’être le Président d’honneur de la Biennale du Cirque, il accepta avec enthousiasme. Il adorait les artistes et les animaux.

Une autre fois je lui téléphonais pour faire une couverture de Lyon Poche consacré au tournoi de football Resto-Foot. Dans l’instant, interrompant une réunion, laissant pantois les participants en col cravate, il accepta de revêtir la tenue de l’Olympique Lyonnais, short et maillot pour une photo d’anthologie.

Grands moments que ceux que j’ai eu la chance de vivre avec son ami Jean Ducloux, le grand chef de Tournus, de quelques années son aîné, avec qui il imaginait un énième canular inédit. Ou encore avec son complice Pierre Troisgros, sans oublier Georges Duboeuf célébrant l’amitié autour d’un verre de beaujolais. Mais ce pouvait être aussi autour d’un verre de Vals avec André Curinier.

Et comment ne pas évoquer la grande épopée du Bocuse d’Or depuis la naissance du projet avec Albert Romain, alors à la tête d’Eurexpo, et sa garde rapprochée de toqués: Christian Bourrillot, Pierre Orsi, Jacky Marguin, Roger Jaloux et tant d’autres… Je conserve précieusement le diplôme officiel du Bocuse d’Or avec la mention « hors concours » qu’il m’offrit « pour services rendus » dans les coulisses de la manifestation. Un document également co-signé par Régis Marcon.

Bien sincères condoléances à sa famille, à ses amis. « Le véritable tombeau des morts, c’est le coeur des vivants ».

COMMENTS

WORDPRESS: 0
DISQUS: 0