Les 80 ans du port de Lyon Une plateforme tournée vers l’avenir

Les 80 ans du port de Lyon Une plateforme tournée vers l’avenir

Véritable poumon économique de la ville depuis sa création en 1938, le Port de Lyon s’est agrandi, modernisé pour s’adapter aux évolutions du monde et à la globalisation des échanges, notamment par conteneurs. Il est un maillon essentiel de l’axe Rhône-Saône, relié à Marseille et à la Méditerranée et de là, au monde entier.

Le port, implanté au cœur de la Métropole, est un outil économique et industriel majeur au service des territoires avec un fort engagement environnemental pour s’intégrer au mieux dans le tissu urbain. Toujours en mouvement et en réflexion pour imaginer un avenir en phase avec les besoins de ses nombreux partenaires et utilisateurs, le Port de Lyon répond aux enjeux de la Métropole lyonnaise par le biais d’innovations (Hôtel de Logistique Urbaine, Quai des Énergies…), de développement des flux et de transport multimodal, de nouvelles infrastructures et de réseaux.

Un  » port de mer »

Un « port de mer » à Lyon. L’expression provient d’Édouard Herriot, maire de Lyon, et co- fondateur avec Léon Perrier de CNR, la Compagnie Nationale du Rhône. Dans une perspective de gestion du fleuve Rhône dans sa globalité, le projet d’une infrastructure portuaire d’envergure à Lyon naît dès 1918 avec l’aménagement du port Rambaud le long de la Saône. Très vite, sa forte croissance et ses capacités limitées remettent sur le devant de la scène la nécessité de construire un port industriel plus conséquent, voué à devenir un port intérieur de premier plan. Le dessein se concrétise en 1935. Deux ans après la création de

CNR, les deux fondateurs lancent la construction du port et les travaux débutent en mars entre le quartier de La Mouche-Gerland et la banlieue industrielle du sud-est. Le Port de Lyon Édouard Herriot, première réalisation de CNR, est inauguré le 31 mars 1938 et accueille le premier bateau dans la darse des hydrocarbures, le 16 août.

Les chiffres du chantier

  • 1,4 million de m3 de terrassements
  • 400 m de linéaire de quai
  • 20 800 heures de travail (pour la première phase)
  • 170 ducs-d’Albe (pieux pour l’amarrage)

Le port aujourd’hui

Premier port industriel sur le Rhône, mis en service en 1938, le Port de Lyon est géré par CNR sous concession de l’état. Site logistique tri-modal stratégique, il joue un rôle crucial dans les échanges commerciaux Rhône-Saône- Méditerranée avec un transit annuel de plus de 12 millions de tonnes de marchandises en 2017.

Grâce à son positionnement privilégié en cœur de ville, le port s’est imposé comme un acteur économique majeur dans l’agglomération. Doté d’infrastructures fluviales, ferroviaires, routières et d’un pipeline reliant directement le site de Fos-sur-Mer au Port de Lyon, il permet aux acteurs économiques de la région d’optimiser les échanges, exportations et importations de leurs marchandises, avec le monde entier. Divisé en 3 zones distinctes, le port accueille près de 70 entreprises, 3 dépôts pétroliers et 2 terminaux à conteneurs dotés d’équipements performants. Ainsi, ce véritable pôle multimodal accueille annuellement jusqu’à 700 bateaux et 1 680 trains, et quotidiennement 3 500 camions.

Située dans la zone d’influence du Grand Port Maritime de Marseille, en prise directe avec le réseau ferré français et les grands axes routiers européens, ce grand port de ville est au cœur des échanges commerciaux vers l’Est de la France, le Nord de l’Europe, vers la Méditerranée et de là, vers le monde entier. Il bénéficie également d’une forte interconnexion ferroviaire avec les principaux nœuds logistiques et industriels, via deux des grands corridors européens.

Le Port de Lyon en chiffres

  • 184 ha de surface
  • 2 terminaux à conteneurs et colis lourds (250 tonnes)
  • 7 km de bord de voie d’eau
  • 2 quais publics
  • 4 darses •

1 rampe d’une capacité de 800 tonnes

  • 12 appontements
  • 23 km de voies ferrées
  • 12 voies de triage
  • 11 km de routes intérieures
  • 1 oléoduc d’hydrocarbures raffinés relié directement à Fos-sur-Mer

Le port demain

Des réalisations récentes et des projets à court terme (2017-2020)

Le Port de Lyon, toujours en mouvement et en réflexion autour des besoins et des usages de ses nombreux partenaires et occupants, innove et développe de nouvelles infrastructures et services.

La création et la modernisation d’infrastructures fluviales et ferroviaires favorise le report modal fleuve et fer. Ainsi, afin de répondre à la hausse du trafic de conteneurs sur le Rhône, la construction d’un second portique au T2 va permettre de soutenir l’augmentation des

flux. L’électrification du faisceau ferroviaire en 2017 a permis d’améliorer la desserte ferroviaire du Port de Lyon.

La volonté du port d’adapter les services portuaires aux besoins de l’agglomération et de proposer des services innovants s’illustre aussi avec le lancement, fin 2016, de River’tri, une déchetterie fluviale, initiative unique en Europe.

Le positionnement du Port de Lyon comme une base logistique urbaine, capable d’approvisionner en marchandises le cœur d’agglomération grâce à des véhicules propres est aussi une orientation stratégique de ce Port connecté à la cité. Face à l’augmentation du nombre de camions sur les routes lyonnaises et afin de mieux gérer les flux de courte distance, mais à grands enjeux, le Port de Lyon installera prochainement un Hôtel

de logistique urbaine de 40 000m2. L’objectif de ce vaste entrepôt connecté est de rendre la desserte de Lyon plus propre et plus durable en mutualisant la manutention des marchandises et en optimisant

les flux de distribution au cœur de la métropole via le recours à des véhicules propres (électrique, gaz naturel ou hydrogène). Cet Hôtel de logistique urbaine s’inscrit pleinement dans la perspective de mise en place de la zone de faible émission (ZFE) à partir de 2019 dans la Métropole.

CNR commencera en 2019 la construction du quai des Énergies, station multi-énergies vertes permettant aux véhicules de se recharger en carburants alternatifs (hydrogène, électricité 100 % verte, gaz naturel compressé). Innovant par les technologies déployées, cet aménagement sera accessible 24 heures sur 24 à tout utilisateur, conducteur de poids lourd ou de véhicule particulier.

Le Port de Lyon abrite aussi depuis 2016 un simulateur de navigation. Unique en France, cet outil de formation reproduit de façon virtuelle le comportement d’un bateau sur le fleuve Rhône selon la météorologie, le courant, les ordres de barre et de machines. Tout est reproduit fidèlement pour une préparation optimale des pilotes, tant ceux en formation que les plus expérimentés, contribuant ainsi à la professionnalisation de la navigation fluviale.

Un schéma directeur pour les orientations futures

Le Port de Lyon s’imagine centenaire et se projette d’ores et déjà dans les années 2030-2050. En collaboration avec l’État, la Région Aura, la Métropole de Lyon, les villes de Lyon et de Saint-Fons, Voies Navigables de France et CNR, un Schéma directeur est élaboré pour poser les enjeux de long terme, les investissements nécessaires et les réponses à anticiper pour rester compétitif et utile à l’économie du territoire. 3 grandes ambitions ont été définies pour le Port de Lyon à l’horizon 2050 : • Le port de toutes les énergies • Un port de services, connecté à la Métropole • Le port, pôle économique et hub intermodal au cœur de l’axe Méditerranée Rhône Saône.

Des chantiers sont d’àores et déjà lancés pour moderniser ses infrastructures fluviales et ferroviaires.

« Devant les défis de la transition énergétique et environnementale, l’Etat conduit une réflexion stratégique collective sur l’aménagement à moyen terme du port pour soutenir son développement et conforter la place centrale qu’il occupe. Le port doit aussi opérer une mutation

et devenir le port des énergies nouvelles et le port pleinement intégré à la ville, ouvert à ses habitants. » souligne Stéphane Bouillon, Préfet du Rhône.

Le développement du transport fluvial sur le bassin Rhône-Saône

Voie d’échange majeure entre le cœur de l’Europe et la Méditerranée, l’axe Rhône Saône conforte ses dimensions logistique et touristique, soutenu par les nouvelles infrastructures et les nouveaux services développés par CNR sur ses sites industriels et portuaires et sur la voie d’eau.

Sur ses 18 plates-formes industrielles multimodales, CNR favorise l’intermodalité avec la requalification de ses sites et la création de nouvelles infrastructures en partenariat avec les acteurs locaux. Dans le cadre de ses Missions d’Intérêt Général, elle poursuit dans la voie d’une industrialisation durable et concertée, en participant aux projets de développement de l’économie circulaire.

Actuellement, 220 clients industriels et logisticiens, représentant 5 500 emplois directs, sont implantés sur ses plateformes industrielles et sites d’activités. Par ailleurs, CNR met à la disposition des entreprises recourant à la voie d’eau un réseau de quais publics qui maille le territoire rhodanien (1 tous les 20 à 30 kms) et 880 ha de terrains multimodaux dont 220 ha de réserve foncière.

CNR contribue ainsi au

développement du transport fluvial, en permettant la navigation sur le Rhône (mise au gabarit du Grand Rhône, entretien du chenal navigable, construction et gestion des écluses) et en développant l’interface terre/fleuve par une offre combinée.

Encore loin de la saturation au vu des infrastructures réalisées (chenal navigable, écluses, appontements…), le Rhône offre aussi une disponibilité maximale sans embouteillage, toute l’année. Face aux problématiques de congestion routière de la vallée du Rhône et d’émissions de gaz à effet de serre, le fret fluvial massifié apporte une alternative efficace aux besoins logistiques des entreprises, notamment pour les flux de vrac, les matières dangereuses et même les conteneurs. Il permet des volumes et des charges transportés par voie d’eau très supérieurs à ceux opérés par les autres modes. Transport très sûr, son taux d’accident par tonne/ km transportée est quasi nul. En 2017, c’est 70 000 camions évités sur les routes grâce au report modal sur le transport fluvial de marchandises.

Autre avantage : la voie fluviale est peu polluante avec des

émissions de CO2 plus faibles que la route au regard de la tonne transportée : pour la même quantité de carburant, un convoi poussé de deux barges parcourt quatre fois plus de distance que 220 camions sur l’autoroute. Des atouts en phase avec l’objectif

du Grenelle de l’environnement – augmenter de 25 % les modes de transport alternatifs à la route – et ceux de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte.

« Favoriser le report modal, développer le transport fluvial, fait partie à la fois de nos missions historiques et des engagements que nous avons pris à l’occasion de la COP21 lors du sommet Climat et Territoires en juillet 2015. Le fleuve Rhône recèle un potentiel encore important et largement sous exploité, qui pourrait absorber sans investissement supplémentaire jusqu’à quatre fois son trafic actuel; et le transport fluvial le long du Rhône est un formidable outil pour le développement économique de notre région, pour le transport de marchandises comme pour le tourisme. » rappelle ainsi Elisabeth Ayrault, Présidente-Directrice générale de CNR.

La CNR en chiffres

  • 19 aménagements hydroélectriques sur le Rhône
  • 45 parcs éoliens
  • 22 centrales photovoltaïques
  • Une production annuelle de près de 15TWh, ce qui correspond à la consommation électrique annuelle de près de 6 millions d’habitants et le 1⁄4 de l’hydroélectricité nationale
  • 22 sites industriels et portuaires, dont le Port de Lyon, accueillant 220 entreprises
  • 330 km de voies navigables
  • 14 écluses à grand gabarit de Lyon à la Méditerranée
  • 5 écluses de plaisance sur le Haut-Rhône
  • 1 370 collaborateurs à Lyon et en Vallée du Rhône
  • 14 500 emplois directs et indirects générés par CNR

                                                                                                                                                                        

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