Gérard Collomb annonce son retour Au pays de Guignol, c’était un secret de polichinelle

Gérard Collomb annonce son retour  Au pays de Guignol, c’était un secret de polichinelle

Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, maire de la ville durant 16 ans, n’a jamais vraiment quitté Lyon. On lui a du reste reproché d’y faire moult déplacements officiels pas toujours d’une impérieuse nécessité.

Au pays de Guignol, c’était un secret de polichinelle. On connaissait donc depuis longtemps le scénario de son retour programmé. Ne manquaient que la date et l’heure.

Le locataire de la place Beauvau donnera sa dédite au lendemain des européennes afin de s’investir pleinement en vue des échéances locales: municipales et première élections au suffrage universel direct de la Métropole qu’il a porté sur les fonds baptismaux.

Faut -il qu’il ait vraiment ras le bol de la fonction, au demeurant exténuante, pour que le premier flic de France prenne un tel risque politique? A moins qu’il ne précipite son retour sur la scène locale pour recadrer les troupes, le scénario de la candidature Caroline Collomb, Marcheuse en cheffe étant hasardeux. C’est bien connu, la nature a horreur du vide. Quand le loup n’y est pas, les souris dansent… En même temps, peut-être y -a-t-il un peu des deux dans sa décision. On peut le trouver courageux d’assumer son choix de franchir le Rubicon et en même temps présomptueux.

Un ministre en sursis aura-t-il suffisamment d’autorité durent les mois le séparant de la fin de ses fonctions? A- t -il désormais la légitimité pour faire passer des réformes qui ont besoin de s’inscrire dans la durée?

L’opposition s’en donne déjà à coeur joie, tandis que parmi les marcheurs, déjà les ambitions s’affichent pour occuper un poste régalien au prestige reconnu. Et que les syndicats de policiers commencent à ruer dans les brancards.

Sur le plan local, tout en lui reconnaissant ses mérites, dans tous les camps, on met l’accent sur l’âge du capitaine qui aura 73 ans en 2020. Pour beaucoup celui de la retraite.

Attention à ne pas engager le combat de trop. Après avoir connu le sommet de l’Olympe, une conduite de Grenoble ferait, à Lyon, désordre. On peut jouir d’une excellente popularité, une élection n’est jamais gagnée d’avance.

D’ici là, beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts de la Saône et du Rhône. Et l’on sait bien que la vie politique n’est pas un long fleuve tranquille, les amis d’hier ayant tôt fait de devenir les ennemis du moment. Alea Jacta Est…

A la démission express de Nicolas Hulot, de but en blanc, en direct à la radio, M. Collomb, a préféré, à l’ancienne, choisir le truchement d’un hebdomadaire paraissant le lundi. Ce qui laisse peu de doute sur la préméditation de l’acte.

L’Elysée était-il au courant? Pas sûr.

Une rentrée abracadabrantesque

C’est en tous cas une bien mauvaise manière faite à Macron qui vit une rentrée aussi abracadabrantesque que cauchemardesque. Non pas tant à cause de problèmes insurmontables mais conséquence d’un tas de petits dysfonctionnements qui donne un goût amer d’approximation et de retour aux affres de « la vieille politique ». De quoi laisser penser que le compte n’y est pas et que la promesse de lendemains radieux n’est pas (encore?) tenue.

Le Président sur tous les fronts

Obligé de démentir l’annonce précipitée de la réforme des droits de succession par l’ineffable Castaner, ou faisant la leçon à un chômeur (pardon un demandeur d’emploi) dans la file d’attente de la journée du patrimoine à l’Elysée. Contraint de sermoner tel ou tel: son ami Stéphane Bern se sentant tout à coup instrummentalisé, la Ministre de la culture qui s’affranchit des règles de l’urbanisme. Sans oublier l’affaire Alexandre Benalla, feuilleton de l’été mais, en même temps, un véritable sparadrap comme le fut l’affaire des diamants de Bokassa pour Giscard.

Paroles, paroles

A trop s’exprimer, on ne dit plus rien. La parole juste l’emporte toujours sur la parole forte.

Macron parle bien, mais, en même temps ( son viatique en deux), il parle trop.

Trop haut pour la France d’en bas dont la colère sourd.

Trop fort pour les faibles, si nombreux en dessous du seuil de pauvreté.

Trop peu pour les retraités dont le pouvoir d’achat s’étiole.

A vouloir s’occuper de tout, mais que fait donc le Premier ministre?, Macron s’essouffle. Sa majorité s’étiole par les deux bouts. Un jour une députée qui revient à ses premiers amours à droite, un autre avec la déclaration de pas moins de 10 candidats pour la présidence du groupe LREM.

Après avoir exfiltré François de Rugy devenu ministre de l’écologie par défaut, Macron a réussi à placer l’un de ses grognards, Ferrand, au perchoir mais au forceps. Ce dernier étant loin de faire le plein des voix, ce qui en dit long sur la popularité de celui qui est désormais le 4eme personnage de l’Etat. Ephémère ministre de la Cohésion des Territoires, contraint à démissionner à la suite de la polémique du financement des Mutuelles de Bretagne, député de base peu assidu, cet ancien de la gauche du PS, rapporteur de la loi Macron, avait été le premier parlementaire à rejoindre le candidat Macron.

Autant d’occurrences qui sèment le doute sur le changement de moeurs en politique. Et si après la vague En Marche, elle reprenait ses droits, et si le fleuve, après la crue, retrouvait son lit?

Réponse dès les prochaines européennes et aux municipales.

Après la statue du Commandeur De Gaulle ou la posture d’Impérator de Mitterrand, on a parfois l’impression d’être dans la cour de récrée. Celle où Sarkozy se pique de sondages, Hollande reste accroc à la synthèse, Macron s’adonne aux « selfies ».

D’une certaine idée de la France à la certitude d’avoir raison…

De la vision du futur à l’immédiateté sans lendemain.

FLORENT DESSUS

 

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