Première mondiale pour un horloger lyonnais Il restaure les deux plus imposantes horloges carillons du monde au Portugal !

Première mondiale pour un horloger lyonnais  Il restaure les deux plus imposantes horloges carillons du monde au Portugal !

Depuis quelques mois, l’horloger lyonnais François Simon-Fustier est au chevet des deux plus imposantes horloges carillons du monde, nichées dans le palais national de Mafra, à une vingtaine de kilomètres au nord de Lisbonne. Un travail d’une précision rare, jamais réalisé jusqu’à présent qui permet à François Simon-Fustier de capitaliser sur le programme Chronosvision qu’il développe depuis plusieurs années : où comment se servir de la 3D pour préserver des mécanismes séculaires. Innovant non ?

C’est un travail titanesque, d’une précision rare auquel s’attelle François Simon-Fustier depuis juin 2018 : “Depuis cette date, quatre séjours sur place ont permis de coter chacune des pièces de l’horloge de la tour nord puis, de retour en France, de dessiner chaque élément pour réaliser une bibliothèque de pièces. Les 3 324 composants de l’horloge sont ensuite assemblés virtuellement en infographie avant d’obtenir la représentation 3D. Aujourd’hui les pièces de la première horloge sont toutes étiquetées et démontées grâce à une application développée sur tablette tactile ; elles sont en attente de nettoyage pour un remontage prévu avant Noël. La deuxième horloge est en cours de modélisation.”

Voilà pour l’état des lieux en cette fin novembre 2018.

Prochaine étape ? Le remontage et la remise en route de la première horloge (tour nord) à partir du 15 décembre.

Entretenant des liens étroits avec la fonderie Paccard (sollicitée en 2015 pour remettre en état les deux carillons), François Simon-Fustier a naturellement été invité par cette dernière à faire partie de l’équipe d’expertise. Après trois ans d’échanges et de réflexion, le chantier a été lancé à l’été 2018. Un projet exceptionnel :

Fabriquées en 1730, elles ne sont dotées d’aucun plan, ni document technique – Si la dernière horloge (la tour sud) fonctionnait en 1990, la seconde (la tour nord) est à l’arrêt depuis les années 1960 ;

leur dimension chacune ? 4,70 m de haut pour 4,35 mètres de long – Les deux horloges (de 80 m3 chacune) interagissent avec 51 cloches dans la tour nord (54 dans la tour sud) ; la plus

petite des roues mesure 57 cm de diamètre et pèse 71 kilos.

Outre sa parfaite maîtrise technique – François Simon-Fustier est le seul horloger français détenteur du brevet de maîtrise supérieur en horlogerie – la dimension innovante portée par celui qui incarne la quatrième génération d’horloger (voir par ailleurs) a été déterminante : “J’ai développé le concept Chronosvision (utilisation de la 3D donc) pour définir les cotes, et caractéristiques (physiques) des pièces manquantes ou cassées, puis pour en extraire les plans. Nous mesurons la facilité de compréhension que peut apporter ce concept pour les professionnels, apprentis et le grand public.”

Une innovation qui séduit : à l’origine créé pour redessiner en 3D l’horloge de Leroy (décrite dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert), le concept Chronosvision a permis de restaurer l’horloge du Château de Vaux-le-Vicomte en 2017.

Avec le Palais national de Mafra, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, François Simon-Fustier va encore plus loin : établir un transfert de savoir-faire, assurer l’ingénierie de restauration, réaliser les plans des pièces manquantes et créer des tutoriels de démontage pour permettre la manipulation de pièces très lourdes par du personnel non horloger et enfin remettre en route deux merveilles mécaniques quasi-tricentenaires !

Selon le process créé pour le musée de l’Horlogerie et du Décolletage de Cluses et la municipalité de la ville, tous les documents d’archives seront dématérialisés à des fins mémoriels et d’informations pour le plus grand nombre. D’aucuns pourront découvrir des réalisations horlogères du début du XVIIIe siècle qui ont déjà cadencé près de 9 milliards de secondes !

Preuve de la pertinence de sa démarche, François Simon-Fustier a reçu le 29 octobre dernier, le prix ARTINOV Régional récompensant “l’utilisation de la 3D pour la restauration d’horlogerie ancienne”. Il avait également reçu un « Coup de Coeur VOX AUVERGNE RHONE ALPES de l’Economie à Caluire.

Depuis 1906

Créé en 1906 par son arrière-grand-père — Joseph Simon — l’atelier est repris par François Simon-Fustier en 1997 qui l’installe au cœur du quartier de la Croix-Rousse. Il se consacre uniquement à la restauration d’horlogerie ancienne. Labelisé Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV) depuis 2006, Maître Artisan d’Art, François Simon-fustier déménage son activité à Caluire en 2015 et se dote d’un espace unique de 100 m2 “aux normes de manufacture suisse”. Entouré de Robin Putinier, chef et d’atelier et Sébastien Lucchetti, responsable du programme Chronosvision, il restaure (toujours sur rendez-vous et sans-vitrine), pendules et horloges anciennes pour particuliers et musées. Unique horloger français à détenir le brevet de maîtrise supérieur en horlogerie, François Simon-Fustier — désireux d’endosser le costume de “passeur de savoirs” — s’apprête dès le mois de décembre 2018, à devenir un organisme de formation. Première intervention ? Au musée de l’Horlogerie et du Décolletage de Cluses.

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